Le Pumpernickel du musée Westercamp

Les amis du musée vous proposent de revisiter ce mois-ci une belle pièce représentant un personnage local emblématique. 

Le Pumpernickel du musée Westercamp

Le Pumpernickel du musée Westercamp

(Photo André Mertz, collection Musée Westercamp, Wissembourg
Texte de Serge Burger)

Le Pumpernickel du musée Westercamp

Figure emblématique du musée Westercamp de Wissembourg, le Pumpernickel, petit personnage costumé, se présente sous la forme d’un bas-relief polychrome en grès des Vosges, millésimé de 1502 et dont l’encadrement orné de motifs végétaux de style Renaissance a été réalisé ou restauré en 1717.

La dalle de pierre porte une inscription en allemand entremêlée de dialecte, sorte de chanson à boire, qui nous apprend que le Pumpernickel est assoiffé.

Brandissant un pichet et un verre à pied, le Pumpernickel, personnification wissembourgeoise du Bacchus antique, semble inviter à la dégustation.

Selon la tradition locale, il s’agirait d’un monument à la gloire d’un certain Nickel, valet d’auberge à la « Weisskirche » à Wissembourg ; un personnage quelque peu naïf, mais fort sympathique et au caractère jovial. On raconte que les clients avaient l’habitude de lui donner les restes de leurs repas en s’écriant « C’est bon pour Nickel… »… et c’est ainsi que serait née l’appellation « Pumpernickel »…

La légende va en faire un véritable héros puisque ce modeste valet aurait connu son heure de gloire en faisant  échouer le projet d’une bande de brigands qui s’apprêtaient à piller le monastère wissembourgeois.

La popularité de notre Pumpernickel aurait été alors si grande qu’elle lui a valu d’être immortalisé par le ciseau d’un sculpteur local.

Ce truculent personnage du 16ème siècle a visiblement marqué les esprits  puisqu’il a même fait l’objet d’une transposition anachronique et légendaire qui lui a permis de croiser le chemin de l’empereur Napoléon Ier à Wissembourg !

La sculpture du Pumpernickel était autrefois conservée à l’auberge locale de la Weisskirche qui fut transformée en théâtre au début du 19ème siècle.

Elle a rejoint les collections du musée Westercamp au moment de sa création grâce au don de M. Jean Schutzenberger, en date du 26 avril 1913.

En 2003, Monsieur Jean Délivré, restaurateur, a effectué une étude du matériau lapidaire de la stèle du Pumpernickel ; elle a révélé une polychromie élaborée, constituée de plusieurs couches de peinture appliquées à différentes époques.

Inscription sur la dalle du Pumpernickel (texte humoristique, sorte de chanson à boire) :

Hört zu ihr Brüder insgemein weil wir alhier versammelt sein
von wunderlichen Dingen so Pumpernickel tut singen.
Der Pumpernickel singt dass in der Kirch erklingt
Trinkt rum ihr lieb Brüder dass es kommt
Bald an mich Ach Ach wie durst es mich
Der Pumpernickel ist gar Trucken drum fasst er am Henckel sein Humpen“

Bibliographie : Pour d’autres information sur cet intéressant personnage, consultez aussi

  • Bernard Weigel : «Notre Pumpernickel», Revue de L’Outre-Forêt n°84, 1993
  • Georges Klein : « Musée Westercamp » (livret-guide du musée), Les éditions de la Tour blanche, Wissembourg, 1980